Julie Lagarrigue partage son regard d’artiste à propos du soin (au sens propre du terme) qu’on porte à l’autre. Elle questionne la place de l’art dans les établissements de santé. 
Elle témoigne autant qu’elle s’interroge.

Je nais en Corrèze sur le marché de Brive La Gaillarde.

J’ai 6 ans, je m’endors sur les genoux de mon père dans des églises mal chauffées au son de concerts d’orgue. Je déteste ça. 

J’ai 16 ans, ma mère m’emmène voir Jean jacques Goldman à la patinoire de Bordeaux. Le son est très mauvais, mais je réalise que ça existe en vrai.

J’ai 17 ans, j’entre à l’école des Beaux Arts de Bordeaux. Je construis des tableaux vivants faits de personnages étranges, grandeur nature, en papier kraft.

A 25 ans, j’expose mon travail. Je me sens seule près des petits fours des grands vernissages.
Je monte mon premier groupe de musique de rue.
J’écoute Dominique A, Miossec, Barbara, Edgar de l’est, Noir Désir.

Je commence mes études d’art-thérapie et découvre la pédagogie et le mouvement humaniste.

Je me forme en chant, souffle et voix, et improvisation clown. Je travaille comme art-thérapeute avec des traumatisés crâniens. Je retrouve mes personnages de papier. Fragiles, vulnérables, blessés par la vie.

A 26 ans, j’enregistre le premier album « Que nos yeux soient lavés », puis « La reine désastres ». Je me donne toute entière à ces aventures. Je collabore avec d’autres artistes (Edgar de l’Est, Tiou). Premières scènes, festivals et tremplins sur les chapeaux de roues, sous le nom de Julie et le vélo qui pleure.
J’écoute Bonga, Souad Massi, Cesaria Evora, et toujours Barbara.

2012 j’enregsitre la Reine Désastres, un album plutôt rock.

2014 J’écris la pièce musico-théâtrale « J’ai rencontré des étrangers » et je reconstruis mes personnages de papier comme scénographie. J’y mets en scène et en chansons les rencontres faites dans le monde du soin avec l’aide du clown basque Ramon Albistur.

2017 J’écris et enregistre l’album « Fragiles, debout » comme une ode à la vulnérabilité de l’homme. Je chante ce qui ne se dit pas sur des guitares brésiliennes et du oud du maghreb.

Je me lance dans la création de la MAATA (Maison des Arts et des Art-Thérapeutes d’Aquitaine).

J’écoute Carmen Maria Vega, Mathieu Boggarts, Bertrand Belin, Nicolas Jules, Camélia Jordana, Babx, Iddir, Emily Loizeau, Camille et tous les autres. Tous m’inspirent parce qu’ils sont en quête, entièrement.
Je poursuis le chemin au fil des rencontres, les fragilités des uns s’accordant aux miennes, pour tisser une forte volonté de vie.

2019 J’enregistre l’album « Amours Sorcières » live au fond de la forêt du médoc. Il sort en février 2020.

Je me réalise et trouve un brin de liberté en créant un solo.